jeudi 23 juin 2016
mardi 7 juin 2016
Révision Constitutionnelle et Consolidation de la Paix en Côte d’Ivoire
L’histoire politique de la
Côte d’Ivoire est marquée par trois processus de démocratisation : 1960,
1990 et 2000. Au cours de ces processus de démocratisation, la Côte d’Ivoire a
connu onze (11) révisions constitutionnelles dont sept (7) ont porté sur la
vacance de la Présidence de la République[1].
En prélude à la
révision constitutionnelle annoncée par le Président de la République, l’Association
Citoyens & Participation (CIVIS-Côte d’Ivoire), en partenariat avec la
Fondation Friedrich Neumann, a lancé une Initiative Citoyenne en vue de recueillir
des recommandations sur la réforme constitutionnelle.
Ci-joint une opinion
de CIVIS Côte d’Ivoire sur la révision de la Constitution par rapport à la
Consolidation de la paix en Côte d’Ivoire.
« CIVIS-CI est une
association d’éducation à la citoyenneté, à l’éco-citoyenneté et à la promotion
des droits de l’humains dont la mission est de contribuer au renforcement des
citoyens dans leur capacité de compréhension, d’analyse et d’action en vue de
la construction d’une société plus juste, solidaire et respectueuse des droits
humains ».
la REVIS ION DE LA CONSTITUTION & la Consolidation de la paix en Côte d'Ivoire.
La réussite du
processus de révision constitutionnelle contribuera à la consolidation de la
paix en Côte d’Ivoire. Le PROCESSUS d’élaboration ou de
révision d’une constitution est aussi important que le CONTENU qui en résulte.
« Tout processus de
consolidation de la paix doit être adopté et piloté par les acteurs nationaux
dans toutes leurs diversités ».
L’appropriation par les
acteurs nationaux commence par la définition des priorités par les
bénéficiaires nationaux. Il est essentiel que le TEMPS, l’ESPACE
et les PROCESSUS existent pour qu’un DIALOGUE puisse s’instaurer
et mener à un CONSENSUS autour d’une constitution révisée.
Les citoyens protégeront d’autant plus leur constitution et exerceront d’autant mieux les devoirs
auxquels elle les astreint s’ils sentent qu’elle leur appartient. UNE
CONSTITUTION, COMME LA PAIX, NE PEUT ETRE IMPOSÉE DE MANIÈRE EXCLUSIVE PAR UN
GROUPE.
« Toutes les parties
doivent être impliquées dans le processus ».
Lorsque tous les groupes concernés de la
société sont associés au dialogue et au processus de définition des
priorités, les différents acteurs se sentent investis de la responsabilité de
faire prospérer le processus de reconstruction et de réconciliation. Le
processus d’élaboration ou de révision d’une constitution peut constituer un
tournant pour un pays et si des acteurs essentiels en sont exclus, la paix se
trouve menacée.
« Bâtir la confiance
: le nœud du problème ».
La confiance ne peut être
imposée, importée ou achetée. Elle s’instaure lentement
et parfois avec réticence. Elle se construit par le dialogue autour de petits
ou de grands enjeux et grâce à une détermination constante et quotidienne
envers la réalisation d’une vision commune. Si la confiance est au cœur de la
consolidation de la paix, elle est aussi l’objectif le plus difficile à
atteindre. Plus que la réhabilitation des infrastructures ou l’existence d’un
État, la confiance est le ciment intangible mais crucial de la société. C’est
d’elle que les institutions tiennent leur légitimité et c’est elle qui permet
aux individus et aux groupes de rester soudés sur le long chemin vers une paix
durable. Pour être réellement participatif et concerté, le processus
d’élaboration ou de révision d’une constitution doit être conçu de façon à
prévoir suffisamment de temps pour que la confiance s’installe.
« La consolidation
de la paix est un engagement à long terme »
Il n’y a pas de raccourci.
Il faut accepter que le processus qui permet de surmonter la méfiance et les
profonds antagonismes puisse être difficile et donner la possibilité aux
acteurs locaux de construire des institutions indépendantes susceptibles de
s’attaquer aux causes profondes des conflits et de promouvoir la paix à long
terme. Pour qu’une constitution soit crédible et durable, il faut que tous les
segments de la société puissent se faire entendre et soient associés à son élaboration.
Après tout, une constitution est faite pour unir et non pour diviser. Il
est donc vital que ceux qui conçoivent, réalisent et apportent leur appui à un
processus constitutionnel ne soient pas si préoccupés de parvenir rapidement à
destination qu’ils négligent l’importance du voyage lui-même. Il
faut du temps pour rassembler, instaurer la confiance et cultiver un sentiment
commun d’appropriation, mais ce temps n’est jamais vain.
« IL CONVIENT DONC D'ENVISAGER L'ÉLABORATION OU LA RÉVISION D’UNE CONSTITUTION NON PAS SOUS L’ANGLE DU PRODUIT
FINAL MAIS SOUS CELUI DU PROCESSUS QUI ABOUTIT A LA CONSTITUTION. »
Mots clés :
Constitution, médias, Société Civile, Consensus
In :
Initiative Citoyenne pour la Révision de la Constitution, CIVIS Côte d’Ivoire, Abidjan.
https://drive.google.com/file/d/0B2bBlcj3Cba9SmxNWW45ZDlycjA/view?usp=sharing
[1]
Hervé Bastart, 2014, Constitutions et
transitions démocratiques en Côte d’Ivoire, Mémoire de maîtrise sous la
direction de Louis Massicotte et Patrick Taillon, Québec, Université Laval.
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