mardi 7 juin 2016

Révision Constitutionnelle et Consolidation de la Paix en Côte d’Ivoire




L’histoire politique de la Côte d’Ivoire est marquée par trois processus de démocratisation : 1960, 1990 et 2000. Au cours de ces processus de démocratisation, la Côte d’Ivoire a connu onze (11) révisions constitutionnelles dont sept (7) ont porté sur la vacance de la Présidence de la République[1].
En prélude à la révision constitutionnelle annoncée par le Président de la République, l’Association Citoyens & Participation (CIVIS-Côte d’Ivoire), en partenariat avec la Fondation Friedrich Neumann, a lancé une Initiative Citoyenne en vue de recueillir des recommandations sur la réforme constitutionnelle.
Ci-joint une opinion de CIVIS Côte d’Ivoire sur la révision de la Constitution par rapport à la Consolidation de la paix en Côte d’Ivoire.

« CIVIS-CI est une association d’éducation à la citoyenneté, à l’éco-citoyenneté et à la promotion des droits de l’humains dont la mission est de contribuer au renforcement des citoyens dans leur capacité de compréhension, d’analyse et d’action en vue de la construction d’une société plus juste, solidaire et respectueuse des droits humains ».

la REVIS ION DE LA CONSTITUTION & la Consolidation de la paix en Côte d'Ivoire.   

La réussite du processus de révision constitutionnelle contribuera à la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire. Le PROCESSUS d’élaboration ou de révision d’une constitution est aussi important que le CONTENU qui en résulte.

« Tout processus de consolidation de la paix doit être adopté et piloté par les acteurs nationaux dans toutes leurs diversités ».

L’appropriation par les acteurs nationaux commence par la définition des priorités par les bénéficiaires nationaux. Il est essentiel que le TEMPS, l’ESPACE et les PROCESSUS existent pour qu’un DIALOGUE puisse s’instaurer et mener à un CONSENSUS autour d’une constitution révisée.                                                                                                                                                                          
Les citoyens protégeront d’autant plus leur constitution et exerceront d’autant mieux les devoirs auxquels elle les astreint s’ils sentent qu’elle leur appartient. UNE CONSTITUTION, COMME LA PAIX, NE PEUT ETRE IMPOSÉE DE MANIÈRE EXCLUSIVE PAR UN GROUPE.

« Toutes les parties doivent être impliquées dans le processus ».

Lorsque tous les groupes concernés de la société sont associés au dialogue et au processus de définition des priorités, les différents acteurs se sentent investis de la responsabilité de faire prospérer le processus de reconstruction et de réconciliation. Le processus d’élaboration ou de révision d’une constitution peut constituer un tournant pour un pays et si des acteurs essentiels en sont exclus, la paix se trouve menacée.

« Bâtir la confiance : le nœud du problème ».

La confiance ne peut être imposée, importée ou achetée. Elle s’instaure lentement et parfois avec réticence. Elle se construit par le dialogue autour de petits ou de grands enjeux et grâce à une détermination constante et quotidienne envers la réalisation d’une vision commune. Si la confiance est au cœur de la consolidation de la paix, elle est aussi l’objectif le plus difficile à atteindre. Plus que la réhabilitation des infrastructures ou l’existence d’un État, la confiance est le ciment intangible mais crucial de la société. C’est d’elle que les institutions tiennent leur légitimité et c’est elle qui permet aux individus et aux groupes de rester soudés sur le long chemin vers une paix durable. Pour être réellement participatif et concerté, le processus d’élaboration ou de révision d’une constitution doit être conçu de façon à prévoir suffisamment de temps pour que la confiance s’installe.

« La consolidation de la paix est un engagement à long terme »

Il n’y a pas de raccourci. Il faut accepter que le processus qui permet de surmonter la méfiance et les profonds antagonismes puisse être difficile et donner la possibilité aux acteurs locaux de construire des institutions indépendantes susceptibles de s’attaquer aux causes profondes des conflits et de promouvoir la paix à long terme. Pour qu’une constitution soit crédible et durable, il faut que tous les segments de la société puissent se faire entendre et soient associés à son élaboration. Après tout, une constitution est faite pour unir et non pour diviser. Il est donc vital que ceux qui conçoivent, réalisent et apportent leur appui à un processus constitutionnel ne soient pas si préoccupés de parvenir rapidement à destination qu’ils négligent l’importance du voyage lui-même. Il faut du temps pour rassembler, instaurer la confiance et cultiver un sentiment commun d’appropriation, mais ce temps n’est jamais vain.

« IL CONVIENT DONC D'ENVISAGER L'ÉLABORATION OU LA RÉVISION D’UNE CONSTITUTION NON PAS SOUS L’ANGLE DU PRODUIT FINAL MAIS SOUS CELUI DU PROCESSUS QUI ABOUTIT A LA CONSTITUTION. »

Mots clés : Constitution, médias, Société Civile, Consensus
In : Initiative Citoyenne pour la Révision de la Constitution, CIVIS Côte d’Ivoire, Abidjan.

https://drive.google.com/file/d/0B2bBlcj3Cba9SmxNWW45ZDlycjA/view?usp=sharing




[1] Hervé Bastart, 2014, Constitutions et transitions démocratiques en Côte d’Ivoire, Mémoire de maîtrise sous la direction de Louis Massicotte et Patrick Taillon, Québec, Université Laval.